Définition : L’anthropologie c’est quoi ?

Le travail de cet article serait de vous présenter vraiment ma filière, en répondant aux diverses questions qu’on peut se poser dessus. Parce que c’est vrai que dès que je parle de mes études on me dit « Oh, « anthropologie » ! Je connais pas, c’est quoi, ça ? » . Toujours l’envie est grande en moi de crier (ou de capslocker): Regardes sur google. Sauf que, dernièrement, j’ai trouvé ça un lien pour l‘anthropologie qui n’avait rien à voir… Sinon il existe un superbe article sur wikipédia sur ma filière. Ici.

L’autre réaction que je rencontre TRES souvent c’est « L’anthropologie c’est comme dans Bones ? » Et alors là mon envie c’est plus de frapper la personne. Bones ça s’avère être de la criminologie. PAS de l’anthropologie… A la limite je veux bien dire que c’est de la paléoanthropologie, bien que normalement on y étudie des squelettes qui datent de bien longtemps (Coucou l’homme de Neandertal ou homo neandertalensis). C’est de l’anthropologie criminelle, ça demande sûrement une spécialité quelconque qui passe par la médecine légale. Bref je ne fais pas comme dans Bones et je pense qu’à moins de faire médecine il est impossible de faire comme dans Bones en passant dans ma filière.

Cette matière, ce n’est vraiment pas une filière de rigolade. Le travail qu’on nous donne est équivalent aux révisions du bac, mais toutes les semaines, tous les jours, tous les mois. Lyon 2, donc la fac où j’étudie, définie mon parcours ainsi :

« Ce parcours offre aux étudiants une formation leur permettant une meilleure compréhension des dynamiques culturelles et sociales à l’œuvre dans la construction d’un monde contemporain en prise avec la mondialisation. La formation dispensée est organisée autour de quatre grands objectifs :
– La transmission des savoirs fondamentaux en ethnologie et en préhistoire (histoire, grands auteurs, paradigmes et notions clés, débats et tendances actuelles);
– La familiarisation avec les grandes aires culturelles régionales (Asie, Amérique du sud, Amérique du nord, Afrique, Europe, Monde arabe et musulman, Océanie, etc.) et leurs spécificités;
– L’introduction à certains champs thématiques tels que l’anthropologie de la religion, de la santé, de l’ environnement, de l’ humanitaire, du patrimoine, de la migration et des mobilités, etc. ;
– L’acquisition d’un savoir-faire permettant aux étudiants de mener des enquêtes de terrain de qualité et d’en analyser les données avec les outils méthodologiques nécessaires. »

Et oui les mecs, je mène une étude de terrain, cette année sur le cirque, je trouve ça par ailleurs fascinant. (Je vous signale d’ailleurs qu’en fin d’année j’accepterais les lectures de ceux que ça peut intéresser, je travaille notamment avec le Cirque Plume et je vais tenter Pinder. Il suffira de me demander sur Twitter.)

Et après cette explication, on me pose la question: « Mais ça va te mener à quoi ? » Sans compter les préjugés du fait que nous soyons tous plus ou moins des « Babosses » (Tu ne connais pas ce mot ? Moi non plus au début demandes à tes amis… Tu n’as pas d’amis ? Tant pis pour toi.) Chose que je développerais plus amplement plus tard. Ça peut me mener à pleins de choses, à travailler notamment dans les milieux de la muséologie, dans l’enseignement, dans les organismes humanitaires. Je dois vous avouer que pour le moment j’hésite entre un master qui me prépare à passer un concours pour devenir conservateur du patrimoine ou d’aller jusqu’en Thèse et d’être un super professeur.

Ensuite une autre question: Qu’est ce qu’un étudiant d’anthropologie ?

En général, on est perçus comme les babas cool de la fac [NDCat’ : Ouais, des babos, quoi !]. Du moins, une des filières qui en est pleine. Je ne peux pas dire non, même moi, parfois, j’ai des vêtements qu’on pourrait assimiler aux babas cools. Mais sérieusement qu’est ce qu’on est bien dedans. Et puis l’habit ne fait pas le moine… J’ai parlé à environ la moitié de mon amphi et tout le monde affiche une solidarité exemplaire (on crée des groupes de travail, on s’échange nos notes et nos dossiers). Je ne pense pas que ce genre d’actions existent dans toutes les filières malheureusement.

Sinon, je dirais que nous sommes tous assez tolérants : dans cette filière, on nous apprend à ne pas s’arrêter aux apparences, ni à ce qui paraît trop facile dans une situation. On cherche toujours plus loin, et on trouve bien souvent le positif de situation qui paraissent pourtant graves. C’est aussi ça que j’aime en anthropologie. Ne jamais être défaitiste.

L’étudiant en anthropologie ne doit pas avoir peur de travailler pour lui, mais aussi parfois pour les autres, les travaux en groupes sont réguliers. Je dirais que nous sommes moins individualistes que d’autres…

C’est difficile de définir ce qu’on est soi même finalement, mais on va dire que nous sommes cools.

Au niveau des différents cours, c’est très varié, comme je l’ai déjà dis, on fait du terrain mais aussi beaucoup de théorique, beaucoup d’informations à connaître, de l’anthropologie de la religion, de la santé, de la nature, de la paléoanthropologie… Bref énormément de connaissances à acquérir mais quand on est passionné(e), on ne compte pas je pense.

Pour ceux que ça intéresse, je conseille différentes lectures pour commencer:

– L’ethnologie de Jean Copans (Ouvrage sur les idées reçues sur l’anthropologie)

– Chronique des Indiens Guayaki, Clastres (Monographie sur des Indiens qui n’existeront bientôt plus).

– La religion de Lionel Obadia (Déjà c’est mon prof et en plus il écrit bien).

Ne vous attaquez pas tout de suite à de gros ouvrages comme du Claude Levi Strauss si vous n’avez pas de notions, sinon vous les lirez, certes, mais je ne garantis aucunement que vous les comprendrez. De très intéressants également, pour ceux qui veulent vraiment aller loin, il existe un livre chez Armand Colin qui résume bien les différents courants etc.

– Les notions clés de l’ethnologie, O. Leservoisier (Directeur du département d’anthropologie de lyon 2) et d’autres gens.

Pour tout ce qui est « lectures » il existe aussi des ouvrages plus spécifiques, je pense à des ouvrages sur l’influence des jeux vidéos sur la société, on trouve un article sur ça dans Humains non humains de Sophie Oudart et Thierry Olivier. Et pour ceux qui ne veulent pas forcément lire un livre complet je conseille vivement le magazine Sciences humaines qui reprend souvent des enjeux typiquement Anthropologique. N’hésitez pas non plus à aller sur des sites internet de revues comme Terrain ou Amades.

Pour finir je dirais que l’anthropologie est un domaine des sciences sociales qui mériterait d’être plus souvent mis en avant dans un phénomène contemporain. L’anthropologie ce n’est plus une perspective évolutionniste dans laquelle il existait des races. Tout a beaucoup changé et très rapidement dans cette discipline, les champs, les méthodes… Notamment grâce / à cause de la mondialisation et de l’acculturation (quand deux cultures se confrontent et s’échangent des choses).